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Maxime Berger > livres illustrés > Je è Tu :

Je è Tu

 

Conte universel

 

Auteurs: Philippe Meurisse, Maxime Berger

Texte : Philippe Meurisse

Illus : Maxime Berger

2011. Livre en recherche d'un éditeur 

"Je è Tu", extrait (cliquez sur le rectangle flèché en bas à droite pour visualiser en plein écran) :

Mot de l'auteur :

 

"Alors que je patientais dans une file à la poste, je vis, dans une file adjacente, une jeune fille – avait-elle vingt ans ? - poussant un caddie où dormait un enfançon de quelques mois. Elle arborait au bras un triste écusson ainsi qu'une devise : white power. Savait-elle ce que cela voulait dire ? Repli sur soi, rejet des autres, intolérance ! Ku Klux Klan aussi, et les camps nazis !

Comment cet enfant si paisiblement endormi allait-il grandir ? Dans quel environnement ? Son quotidien serait-il tout de haine pour qui n'est pas blanc et chrétien ? Que pourrais-je, moi, pour l'enfant et pour sa mère ? L'envie m'était née de prendre le bras de la demoiselle, de lui faire un bout de chemin, et de lui expliquer Auschwitz et le Rwanda, Milosevic, Le Pen  et Ben Ladden. M'aurait-elle compris ? M'aurait-elle seulement entendu ?

Je é Tu  prend appui sur un constat : les enfants adoptent les attitudes et les idées de leurs parents pour garder leur amour, pas par conviction profonde. Là se trouve l'un des fondements du racisme. Ce n'est bien sûr qu'un élément parmi d'autre. Mais le racisme ne pourra régresser que par l'éducation. Il peut sembler que je retourne le problème de l'éducation, mais les enfants doivent-ils reproduire les erreurs de leurs parents ou chercher une autre voie ?

 

Puisqu'il apparait que l'éducation que les parents donnent peut être dévoyées par des idées nauséabondes, pourquoi des enfants frais issus de la matrice, libres de toute opinion préconçue, ne pourraient-ils pas montrer la voie ?

Si l'histoire met en exergue un juif et un arabe – et tous penseront au conflit israelo-palestinien – elle se veut avant tout universelle. Hors les prénoms et les deux références d'appartenance, rien, dans le dialogue,  ne permet d'attribuer telle ou telle réplique. Par ailleurs, en changeant prénoms, races et/ou religions, l'histoire peut être
transposées à n'importe quelle opposition de groupes d'humains.

 

Personne ne possède la vérité  absolue. Dans la situation décrite, personne n'est coupable, personne n'est innocent, tous le monde est responsable. Et je renvoie les deux parties dos à dos, sans prendre position pour l'un ou pour l'autre.

Je é tu , enfin, pour couvrir toute la complexité de la vie en communautés : je hais tu, je et tu, je est tu. "

 

                    Philippe Meurisse.